Billet : No PO, no pay !

Quel bonheur de travailler exclusivement pour de très grands comptes. Vous êtes sûr d’être payé un jour. Votre banquière vous fait de grands sourires. Vos collaborateurs se sentent heureux et en sécurité. Un bonheur qui peut parfois – mais parfois seulement – virer au cauchemar.

14 novembre 2014, une des plus grandes alliances industrielles de la planète nous demande de réaliser un direct interactif depuis son siège européen en Suisse. Comme toujours, tout se passe au mieux même si le déplacement dans la journée est un peu fastidieux. Notre interlocuteur opérationnel – un responsable des SI – nous a signé et tamponné un devis 3 ou 4 jours avant l’événement en nous précisant que le bon de commande allait bien sûr suivre très vite. Confiants, vous pensez bien un groupe aussi sérieux !, nous ne trouvons rien à redire, même si nous savons bien que sans numéro de commande, nous ne pourrons pas facturer nos services. Pas le choix de toute façon.

118 mails et 98 appels de relance tous azimuts plus tard, un PO (Purchase Order, c’est plus chic pour une boîte mondiale) nous parvient après de très vagues excuses. Nous sommes le 7 avril 2015, soit 5 mois après la réalisation de ce splendide événement. Naïfs, nous envoyons une facture mentionnant le numéro du PO sésame, et demandons à être réglés comptant. Réponse du jeune acheteur tout juste sorti d’une belle école de commerce à coup sûr : « vous n’auriez pas dû travailler sans bon de commande, vous serez réglés dans 60 jours comme indiqué sur le PO (prononcez « piow ») ». Inutile de dire que le jeune homme songe sérieusement à changer de métier après avoir subi notre réaction téléphonique. Mais nous ne sommes pas plus avancés, ni payés du reste.

Cette petite histoire a juste une morale assez simple.

Mesdames, Messieurs les législateurs, c’est très gentil à vous d’imposer des délais de paiement raisonnables, mais c’est avant que les dérapages ont lieu. Et sans vouloir voir le mal partout, on ne peut pas exclure que ces dérapages ne soient pas volontaires. Non, on ne peut pas.

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